home

search

CONSTRUCTION

  Le lendemain matin, Lise et moi on s'est réveillés t?t.

  On avait du boulot.

  Cent draps par mois ?a voulait dire embaucher des tisserands, former des gens et agrandir l'atelier.

  ? Combien de gens on embauche au final ? ? demanda Lise en s'habillant.

  ? Dix pour commencer et peut-être quinze si on trouve assez de monde. ?

  ? Et on va construire ?a où ? ?

  ? La grange est trop petite, il nous faut un nouveau batiment. ?

  Elle s'arrêta de lacer sa robe et me regarda.

  ? Tu veux construire une manufacture de A à Z. ?

  ? Oui. ?

  ? ?a va co?ter combien ? ?

  Je réfléchis.

  ? Cinquante couronnes ,peut-être soixante-dix. ?

  ? On les a ? ?

  ? Avec les réserves de l'alcool, oui. ?

  Elle sourit. ? Alors on le fait. ?

  J'ai convoqué Gregor ce matin-là.

  ? Gregor, j'ai besoin d'un batiment assez grand pour abriter dix à quinze métiers à tisser. ?

  Il cligna des yeux. ? Un batiment, monseigneur ? ?

  ? Oui. Une manufacture de quarante mètres de long pour quinze de large sur deux étages. ?

  ? Deux…. ? Il s'arrêta. ? Monseigneur, ?a va prendre des mois et beaucoup d'argent. ?

  ? Combien de temps ? ?

  ? Quatre mois, cinq grand max. ?

  ? Et combien d'argent ? ?

  ? Soixante couronnes. Peut-être soixante-dix avec les imprévus. ?

  J'ai hoché la tête. ? On a l'argent mais on n'a pas quatre mois. ?

  ? Pardon ? ?

  ? Il nous le faut en deux mois maximum. ?

  Gregor me regarda comme si j'étais devenu fou.

  ? Monseigneur…. c'est impossible. ?

  ? Non, c'est faisable. ? Je sortis une feuille de papier et j’ai commencé à dessiner. ? Regarde, on prends une charpente en bois, des murs en planches et on garde les fondations en pierre. ?

  ? Mais… la solidité… ?

  ? Sera suffisante Gregor. C'est pour un atelier. ? j’ai continué à dessiner. ? ensuite, on embauche vingt ouvriers scindés en deux équipes. Une le Matin et une l’après-midi. ?a double la vitesse. ?

  ? ?a va doubler le co?t aussi. ?

  ? Oui. Disons quatre-vingts couronnes au total , on peut se le permettre. ?

  Gregor soupira. ? Très bien, monseigneur je vais trouver les ouvriers. ?

  ? Et un ma?tre charpentier, quelqu'un de bon. ?

  ? Oui, monseigneur. ?

  Les jours suivants furent…. intenses.

  Gregor trouva un ma?tre charpentier. Un type nommé Bertrand ,dans la cinquantaine, aux mains calleuses et un regard critique.

  ? Vous voulez ?a en deux mois ? ? dit-il en regardant mes plans.

  ? Oui. ?

  ? C'est serré. ?

  ? C'est faisable ? ?

  Il examina les plans, longtemps puis hocha la tête.

  ? Oui. Mais il va falloir bosser dur. ?

  ? ?a c'est sur. ?

  ? Et être bien payé . ?

  ? Je paye toujours bien. ?

  Il sourit. ? Alors c'est d'accord. ?

  La construction commen?a trois jours plus tard. Vingt ouvriers, avec Bertrand qui dirigeait ,Gregor qui gérait la logistique et moi, qui surveillais tout.

  Les fondations furent creusées en une semaine, les Pierres posées en deux semaines et la Charpente montée en trois semaines.

  C'était…. impressionnant.

  Chaque jour, le batiment prenait forme.

  Lise venait souvent regarder les ouvriers travailler.

  ? C'est grand, ? dit-elle un jour.

  This content has been misappropriated from Royal Road; report any instances of this story if found elsewhere.

  ? Oui. ?

  ? On va vraiment remplir tout ?a ? ?

  ? Oui. Et plus tard, on en construira d'autres. ?

  Elle me regarda. ? Tu penses déjà à l'expansion ? ?

  ? Toujours. ?

  Elle rit. ? Tu es insatiable. ?

  ? C'est pour ?a que tu m'aimes. ?

  ? Entre autres oui . ?

  Pendant la construction, j'ai embauché des tisserands, Hilde m'aida là dessus . Elle connaissait les artisans locaux, les bons comme les mauvais.

  ? Celui-là, non, ? dit-elle en pointant un type. ? Il boit. ?

  ? D'accord. ?

  ? Celle-là, oui. ? Elle désigna une femme d'une trentaine d'années. ? Elle est rapide et minutieuse. ?

  ? Embauche là. ?

  En deux semaines, on avait dix tisserands.

  Cinq femmes et cinq hommes d’ages variés entre vingt à cinquante ans.

  Je les ai réunis dans la grange autour du métier amélioré.

  ? Bonjour, ? dis-je. ? Je suis Alaric von Rothfeld et vous allez travailler pour moi. ?

  Ils me regardaient, certains étaient nerveux et d’autres curieux.

  ? Je vais être direct. Je vous paie deux couronnes par semaine, c'est plus que la moyenne mais j'attends de la qualité dans votre travail.?

  ? Vous allez travailler six jours par semaine, huit heures par jour , pas plus. Le dimanche, c’est jour de repos. ?

  Les gens étaient surpris.

  ? Si vous êtes malades, restez chez vous. Je vous paierais quand même. ?

  à partir de la silence total.

  ? Si vous avez des idées pour améliorer le processus, partagez les je récompense les bonnes idées.?

  Une jeune femme d'environ vingt-cinq ans leva la main.

  ? Oui ? ?

  ? Monseigneur… pourquoi vous faites ?a ? ?

  ? Quoi ?a ? ?

  ? bien nous traiter. Les autres nobles…. ?

  ? Je ne suis pas les autres nobles. ? Je l’ai regardé. ? Vous avez un nom ? ?

  ? Maren, monseigneur. ?

  ? Maren. écoute-moi bien. Tous, écoutez. ? Je les balayais du regard. ? Je me fiche de vos origines que vous soyez nobles ou roturiers, ?a m'est égal. Ce qui compte, c'est le travail. Si vous travaillez bien, je vous traite bien. C'est aussi simple que ?a. ?

  Silence.

  Puis un homme, la quarantaine, barbe grise, sourit.

  ? On va bien s'entendre, monseigneur. ?

  Les autres hochèrent la tête.

  Hilde les forma pendant trois semaines au tissage de base , la tension des fils le passage de la navette et le tassement du battant.

  Certains apprenaient vite, d’autres lentement mais tous progressaient.

  ? Ils sont bons, ? dit Hilde un soir.

  ? Vraiment ? ?

  ? Oui. Dans deux semaines, ils pourront produire seuls. ?

  ? Parfait. ?

  Le batiment fut terminé en sept semaines.

  Bertrand avait tenu parole, C'était…. magnifique.

  Il mesurait quarante mètres de long pour quinze de large sur deux étages.

  Avec un Rez-de-chaussée pour le tissage et le premier étage pour le trempage et le séchage.

  Des Grandes fenêtres pour la lumière et une cheminée pour chauffer en hiver.

  ? C'est impressionnant, ? dit Lise en entrant pour la première fois.

  ? Oui. ?

  ? On peut vraiment produire cent draps par mois là-dedans. ?

  ? Non. ?

  Elle me regarda, surprise. ? Non ? ?

  ? On peut en produire trois cents. ?

  Elle cligna des yeux. ? Trois cents ? ?

  ? Oui. Avec quinze métiers , quinze tisserands et une rotation optimisée. On peut avoir trois cents draps par mois. ?

  ? Mais Verlaine n'en veut que cent. ?

  ? Pour l'instant. Mais la demande va exploser tu verras. ?

  Elle sourit. ? Tu as toujours un coup d'avance. ?

  ? J'essaie. ?

  On installa les métiers à tisser.

  Bertrand les construisit d’après mes plans. ?a lui prit une semaine mais le résultat était là. Quinze métiers efficaces et prêt à l’emploi .

  ? C'est du beau travail, ? dis-je à Bertrand.

  ? Merci, monseigneur. ?

  ? Tu veux rester ? Devenir mon ma?tre d'?uvre permanent ? ?

  Il cligna des yeux. ? Permanent ? ?

  ? Oui bien s?r, Je vais construire d'autres batiments et j'aurai besoin de quelqu'un de compétent. ?

  ? Combien vous payez ? ?

  ? Cinq couronnes par semaine. ?

  Il faillit s'étouffer. ? Cinq... ?

  ? Oui. ?

  ? J'accepte. ?

  ? Parfait, bienvenue dans l'équipe. ?

  La production commen?a deux semaines plus tard. Hilde supervisait nos quinze tisserands, elle était impitoyable comme toujours.

  ? Non ! C’est encore trop lache ! Recommence ! ?

  ? Oui, madame Hilde. ?

  ? Et toi, Maren ! Ton fil est tordu ! Refais le ! ?

  ? Oui, madame Hilde. ?

  J'ai souri. Hilde était parfaite pour ce r?le.

  Ainsi , la production monta rapidement.

  Cinquante draps en première semaine, quatre-vingts en deuxième, Cent draps pour la troisième semaine et Cent vingt draps pour quatrième. On y était.

  ? On dépasse le quota, ? dit Lise en examinant les chiffres.

  ? Oui. ?

  ? Verlaine va être content. ?

  ? Il va en vouloir plus. ?

  ? Probablement. ?

  ? On sera prêts. ?

  Un mois après l'ouverture de la manufacture, Lise repartit pour Havreblanc pour la livraison des cent premiers draps du contrat.

  ? Je reviens dans une semaine, ? dit-elle avant de monter dans la diligence.

  ? D'accord. ?

  ? Tu vas me manquer. ?

  ? Toi aussi. ?

  On s'embrassa.

  ? Essaie de ne pas construire un deuxième batiment pendant mon absence, ? dit-elle en riant.

  ? je ne te promets rien ?

  Elle rit encore puis partit.

  Cette semaine là, je me suis concentré sur l'optimisation.

  Le trempage, le blanchiment et le séchage.

  J'ai testé différentes températures , différents pH et plusieurs durées. J’ai pris des notes, beaucoup de notes.

  J’en ai retenu qu'un trempage optimal demandait 48h à 25°C pour un pH 8,5.

  Un blanchiment optimal avait besoin d’une exposition au soleil de 36h et du savon doux tandis qu’un Séchage optimal demandait de l’air libre avec trame tendue sur cadres.

  Une fois tous ces éléments réunis, la qualité obtenue devrait être constamment excellente .

  ? Monseigneur, ? dit Maren un jour. ? J'ai une idée. ?

  ? Dis-moi. ?

  ? Pour le séchage. Si on construisait un séchoir couvert ? Avec des planches espacées pour l'air ? ?a protégerait des intempéries. ?

  Je réfléchis.

  Pas bête.

  ? Dessine-moi ?a. ?

  Elle me le dessina, maladroitement. Mais l'idée était là.

  ? C'est bon, ? dis-je. ? On va le construire. Bertrand ! ?

  Bertrand arriva. ? Oui, monseigneur ? ?

  ? On a un nouveau projet. ?

  Lise revint huit jours plus tard.

  Sourire aux lèvres.

  ? Alors ? ? demandai-je.

  ? Verlaine est ravi. Il a inspecté chaque drap, la qualité est parfaite. ?

  ? Et ? ?

  ? Il veut monter à deux cents draps par mois. ?

  ? Deux cents. ?

  ? Oui. Dès le mois prochain. ?

  Je souris. ? On peut le faire. ?

  ? J'en étais s?re. ?

  ? Il paye plus ? ?

  ? Une couronne et dix sols par drap. ?

  Petit calcul mental .

  Deux cents draps à une couronne dix. ?a fait deux cent vingt couronnes par mois plus les huit cents de l'alcool.On tourne à Mille vingt couronnes par mois.

  ? Damn ,? murmurai-je.

  ? Exactement. ? Elle m'embrassa. ? On est en train de devenir vraiment riches. ?

  ? Oui. ?

  ? Qu'est-ce qu'on fait avec tout cet argent ? ?

  ? On le réinvestit tout simplement .

  Ce soir-là, on s'installa sur la terrasse du manoir.

  Nous avons passé la soirée en amoureux devant une bouteille de vin et les étoiles au-dessus de nos têtes .

  .? C'est bizarre, ? dit Lise doucement.

  ? Quoi ? ?

  ? Il y a trois mois, j'étais ruinée, désespérée. ?

  ? Et maintenant ? ?

  ? Maintenant, je suis mariée, riche, Heureuse. ? Elle me regarda. ? C'est presque trop beau. ?

  ? Profite. ?

  ? J'ai peur que ?a s'arrête. ?

  ? ?a ne s'arrêtera pas. ?

  ? Comment peux-tu en être s?r ? ?

  ? on ne laissera pas ?a arriver tu es avec moi . ? Je pris sa main. ? Toi et moi on est en train de construire quelque chose de solide.. ?

  Elle sourit. ? T’es confiant. ?

  ? Toujours. ?

  ? Même quand tu ne devrais pas ? ?

  ? Surtout quand je ne devrais pas. ?

  Elle rit et se pencha pour m'embrasser.

  ? Je t'aime. ?

  ? Moi aussi. ?

  On resta là longtemps, regardant les étoiles.

  Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.

  Journal. Jour 223.

  Manufacture textile terminée. Quinze métiers. Quinze tisserands.

  Production : Cent vingt draps par mois. Bient?t deux cents.

  Revenus : Mille vingt couronnes par mois.

  Il y a huit mois, j'étais endetté. Maintenant, je suis riche.

  Vraiment riche.

  Lise est heureuse et toi aussi.

  On construit quelque chose ensemble.

  Mais je sais que ?a ne va pas durer éternellement.

  Mais pour l'instant… je profite.

  FIN DU CHAPITRE 12

Recommended Popular Novels